Le cercle de femmes
Une artiste, cent femmes, d’une femme à l’autre, un même tissu rouge
Le Cercle des femmes est né au début des années 2000, d’un choc à la fois politique et intime.
D’un côté, les images de femmes afghanes rendues invisibles, niées dans leur corps, leur parole et leur regard. De l’autre, en France, des corps féminins surexposés, normés, retouchés, réduits à des images de désir.
Entre ces deux extrêmes, je ne me reconnaissais pas.
De cette dissonance est né le désir de créer un espace de représentation différent, un espace où les femmes pourraient exister autrement, hors des assignations.
J’ai alors ressenti la nécessité de poser cette question, pour moi et avec d’autres :qu’est-ce qu’être femme aujourd’hui ?
Entre 2001 et 2005, je suis partie à la rencontre de cent femmes, âgées de 16 à 99 ans.Cent corps singuliers, accueillis dans un même dispositif, pour faire émerger une présence juste, libre et incarnée.
Le Cercle des femmes est une œuvre collective, où chaque femme existe pleinement, dans sa singularité et sa différence.
Cent femmes
Entre 2001 et 2005, je suis partie à la rencontre de cent femmes, âgées de 16 à 99 ans, vivant en France.Des femmes d’origines sociales, culturelles et géographiques très différentes.
Avant la photographie, il y a eu la parole.Des récits de vie, de blessures et de victoires.Des histoires de mères, de sœurs, d’enfants, de transmissions.Des corps traversés par le temps, les choix, les contraintes et les élans.
Le dispositif
Chaque femme est accueillie dans le même espace.Un fond blanc. Aucun vêtement. Aucun objet.
Rien qui renvoie à une appartenance sociale, culturelle ou générationnelle.
Un seul élément commun : un tissu rouge. Proche du corps, il devient lien, enveloppe, mémoire.Le rouge évoque à la fois la vie et la mort, le sang des naissances, des menstrues, des blessures.
Ce tissu a été spécialement tissé pour le projet, porteur d’une histoire et d’un geste conscient.
Le corps, le regard
Après un temps d’intériorisation, je propose à chaque femme d’entrer en mouvement, les yeux fermés. De laisser émerger une posture juste – une manière de se tenir debout dans le monde.
Puis vient le moment du regard vers l’objectif. Le passage de l’intime à la rencontre avec l’autre.Un moment de présence nue, sans artifice.
Je photographie sans enjoliver. J’accueille ce qui est là :la grâce comme la gêne,la puissance comme la vulnérabilité.
Chaque image est le fruit d’une rencontre. Deux sensibilités, deux histoires, un instant partagé.
Un cercle
D’une femme à l’autre, un cercle s’est dessiné. Un cercle de différences, de résonances, de présences.
En parcourant ce cercle, c’est aussi vers moi-même que je suis revenue, à ma propre féminité, à mes héritages, à mes questions.
Le Cercle des femmes est une œuvre collective, un espace de reconnaissance, où chaque femme existe pleinement, dans sa singularité.
Entre les photographies, leurs mots surgissent, se croisent, s’entrelacent
un chœur vivant, les voix des femmes
« Lever le regard vers l’objectif, c’est plus dur.
Faire monter le sentiment interne jusqu’à mon regard.
Fragile équilibre : montrer dehors tout en gardant dedans.
J’avais peur de ne pas savoir quoi faire.
Il n’y avait rien à faire : Juste accepter de vivre cette rencontre. »
Catherine
« Accepter le regard de l’autre,
Regard de la photographe sur ce corps et cette apparence imparfaite,
Où laideurs et beautés s’entremêlent.
Réhabilitation de ce corps qui est, tel qu’il est.
Qui suis-je dans ce tissu rouge ? »
Marie-Pier
« Et si c’était cela, VIVRE ?
Se sentir dense, entière, debout.
Par petits moments,
Puis de plus en plus,
Tout simplement,
Entre la terre et là-haut. »
Francine
« J’aurais tant aimé être la centième femme du cercle pour que le tissu dépose doucement sur moi toutes ces vies incroyables de diversité et pourtant si semblables.
Je ne suis pas la centième, pourtant le cercle m’a marquée de sa trace rouge. »
Josiane
« Le tissu rouge, c’est la liberté totale.
Montrer son corps.Rien à cacher, pas d’arrière–pensée. »
Zineb
« Présence d’aujourd’hui. Le plus important
n’est pas demain, mais maintenant.»
Catherine
«Je suis face à ma fragilité, à mes désirs enfouis.
Sans doute, j’oserai bientôt être à nu, être moi.
Je suis en train de renaitre.»
Nicolle
« Je suis érigée et posée là, consciente de ma puissance et de ma tranquillité,
de mon évidence.
Lorsque je me tourne vers l’objectif, c’est avec le désir et le plaisir d’offrir, de laisser entrer, de me laisser voir, d’être en relation. »
Colette
« Habillée ou non de ce tissu, elle va exister, enfin »
Roubia
« Expérience étonnante : Me retrouver dans le calme, Hors du temps, Nue,
Avec cette grande toile rouge Et retrouver l’insouciance du moment présent. »
Hélène
L’exposition Le Cercle des femmes est présentée
dans sa version intégrale ou partielle(minimum 35 portraits).
- Tirages photographiques encadrés – format 40 × 60 cm
- Scénographie comprenant photographies, textes et mise en espace adaptée au lieu
- Possibilité d’événements ou de rencontres en résonance avec l’exposition
