Performances et formes hybrides

Certaines expériences ne trouvent pas leur forme uniquement dans l’image fixe. Elles appellent le corps, la voix, le temps partagé, la présence des autres.

Les performances et formes hybrides que je développe sont des espaces de traversée : des lieux où se rencontrent l’intime et le collectif, l’art et la vie, le visible et l’invisible. Elles prolongent mon travail photographique en l’ouvrant à d’autres langages — poésie, mouvement, parole, rituel — et proposent des expériences sensibles, vécues ensemble.

Un souvenir et j’en ferai refuge

Performance participative — photographie, poésie, expérience sensorielle

En collaboration avec Hélène Miguet, poète

La mémoire nous habite.

Elle fait de nous des maisons peuplées, traversées, parfois hantées.

Un souvenir et j’en ferai refuge est une performance immersive et participative, née de la série photographique Vider la maison de ma mère.

Elle propose un espace de réminiscences sensorielles, où photographies, textes poétiques, sons, odeurs et gestes invitent chacun·e à entrer dans sa propre mémoire. Les participant·es deviennent spect-acteurs : ils déambulent, choisissent, s’arrêtent, cueillent des fragments.

Chacun vit une expérience singulière, depuis un point de vue qui lui est propre. Cette performance est pensée comme un rituel artistique collectif autour de la perte, du souvenir et de la transmission. En réveillant la mémoire, elle cherche à faire résonner ce que la vie a de vibrant, intime et universel.

Une performance adaptable aux lieux et aux publics, pouvant être présentée seule ou en résonance avec une exposition photographique.

« On herite de l’effacement d’un visage de la perte d’une voix
Mais la résignation n’est pas dans l’ordre des feuilles
Les choses reviennent au printemps »

Hélène Miguet

Souviens-toi

Film · rituel collectif · expérience partagée

 Souviens-toi est une expérience collective née d’un film et prolongée par un rituel partagé.

Le film est relié au projet Les tribulations de Géraldine. Il met en scène une lettre écrite par Gabrielle, personnage fictif, arrière-grand-mère de l’héroïne.

Dans cette lettre, Gabrielle raconte un moment de sa vie où, frappée par le deuil, elle a cru renoncer à la vie — avant de retrouver, au cœur même de l’épreuve, ce qui lui en redonnait le goût. Cette histoire m’a été comme soufflée. Je l’ai écrite quelques semaines seulement avant d’apprendre que j’étais atteinte d’un cancer. Elle a alors résonné pour moi comme un appel, mais aussi comme un guide dans ma propre traversée : une invitation à me souvenir de ce qui relie, de ce qui fait humanité, de ce qui donne la force de continuer.

Le film met en scène un groupe de femmes engagées dans des gestes simples et puissants — danser, se relier, célébrer — comme autant de rituels contemporains autour de la vie. La projection est précédée d’un temps de présence guidée : un rituel collectif autour d’un fil rouge transmis de main en main, invitant chacun, chacune à se souvenir d’un instant essentiel de son existence.

Après le film, un temps d’échange permet de déposer, partager, relier ces souvenirs.

Souviens-toi est une invitation à se rappeler, ensemble, ce qui nous fait tenir debout, même dans la traversée.