Aux origines

Aux origines de mon travail photographique, il y a le corps. Le corps comme seuil, comme langage, comme lieu de résonance de l’intériorité. Ces images argentiques noir et blanc sont nées d’une exploration intuitive, à la recherche de ce que le corps révèle de l’âme, et de la relation au monde.    

Le foyer

Trouver en soi le lieu immobile, le foyer intérieur.
A partir de ce centre, de cette ancre élastique, tous les mouvements sont possibles.
Alors, apprendre la souplesse et devenir polymorphe.
Se porter délibérément tantôt dans telle sphère, tantôt dans telle autre.
-A la rencontre-
Devant soi, la forêt.
Y pénétrer, et avancer. Sans désir de conquête.
Abandonner ce que l’on connaît pour se laisser guider par des repères neufs.
Ainsi, devenir l’hôte de la forêt.
S’éprouver insecte, oiseau, arbre, et gommer la division.
Soudain, la clairière.
Cligner des yeux, éblouie.
Un instant, ne plus voir et se laisser impressionner.

-Pause-

 Reprendre son souffle et revenir chez soi.

Jeux de bains

Dans l’espace rétréci du contenant,
le corps se rassemble et s’immerge dans le liquide vital.
Nait l’intimité.
Cette concentration, loin de la contrainte,
devient support d’imaginaire.
Désir.
Les deux matières, chair et eau, s’épousent, 
se mélangent, se modèlent.
Peau, poils, plis.
Indéterminé, le corps hésite, s’éprouve,
se tente dans ses multiples possibles.
De lui-même il se joue.
Soudain il s’entend appelé par son nom,
se dirige vers cet au-delà de l’eau,
et fend la surface

 

Ces images sont les premiers mots
d’une langue que je ne cesse d’apprendre.
Le corps, toujours, en est la grammaire.

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